Pratiquer la compétition, c’est se confronter aux autres, dans un environnement structuré et réglementé, pour chercher à obtenir le meilleur résultat possible.

On a beau dire que l’important, c’est de participer, la finalité est quand même de voir ses efforts récompensés…

Cette petite note résume non seulement mon point de vue sur la compétition, que j’ai pratiquée au global une quinzaine d’années, mais celui recueilli par les bons professeurs avec lesquels j’ai eu, et j’ai encore, la chance de travailler.

Elle vise à éclairer le contrat tacite passé entre le professeur et son élève compétiteur, pour que cette merveilleuse aventure qu’est la compétition en danse soit….merveilleuse pour tous.

Pratiquer la compétition, c’est donc investir de l’énergie, beaucoup d’énergie, sous la forme d’efforts physiques et psychiques, de temps, d’argent etc…

C’est un effort important pour le compétiteur, mais aussi pour son entraîneur, qui y consacre du temps, donne le meilleur de lui même, se réjouit et souffre avec son compétiteur, et engage à travers lui l’image de marque de son école.

La compétition est une source d’émotions intenses. Qu’on ait des ambitions ou qu’on pratique pour le plaisir, chacun le vit à sa manière, mais rares sont ceux qui ne ressentent aucun stress. Je n’en ai personnellement jamais connu, hormis les tous petits.

On a au minimum l’envie de donner le meilleur de soi-même…

Ces efforts communs du compétiteur et de l’entraîneur sont importants à la fois en intensité et en durée.

Pratiquer la compétition ne peut s’envisager que dans la durée, si doué soit-on, même si on commence à un âge avancé, même si on a juste l’envie d’essayer pour voir, même si la réussite vient tout de suite.

La compétition en danse sportive est fondée sur le jugement humain, avec toutes ses imperfections.

On n’oubliera jamais que sur une danse dont la durée réglementaire est d’une minute et demie, un passage qui comporte le nombre nominal de 6 couples donne aux juges la possibilité de ne pouvoir évaluer chaque couple que pendant environ 15 s….

Les mouvements relatifs des couples les uns par rapport aux autres, combinés au fait que le dossard de chaque couple n’est pas toujours bien visible, compliquent encore la chose, et il n’est pas rare qu’un bon couple ne soit pas noté simplement parce qu’il n’a pas été vu….

Pour l’extrême majorité des compétiteurs, la compétition est et doit demeurer un loisir.

La simple observation de toute compétition le montre : un couple qui est vraiment techniquement supérieur aux autres passera !

Si vous ne passez pas, ce n’est pas à cause de ces affreux de juges, c’est que vous ne creusez pas assez l’écart ! Au boulot !

Les tâches de la danseuse et du danseur sont extraordinairement complémentaires.

Le danseur assume toute la complexité de la maîtrise de la chorégraphie, de sa reconfiguration en temps réel selon les interférences avec les autres couples, la gestion et l’interprétation de la musique, le contrôle de ses propres pas et la direction de la danseuse…tout cela pour que tout apparaisse comme facile et naturel…la danseuse de son côté doit être capable d’assumer intégralement son travail technique et esthétique, en suivant à chaque instant son danseur, comme si tout était parfaitement prévu.

Elle doit faire preuve d’une aptitude remarquable de perception des intentions du danseur (pas toujours très claires, même dans sa tête à lui, notamment en situation de stress sur la piste…), d’adaptation et d’interprétation, sans jamais anticiper, sans jamais traîner…une véritable égalité homme – femme dans la différence !

La somme de tous ces efforts, tant du compétiteur que de l’entraîneur, requiert de mon point de vue un contrat moral :

La confiance dans son professeur : c’est majeur dans tous les cas, et ce doit être le cas au Tango Noir. Marie-Jo a 35 ans de pratique de la danse, sur glace puis sur plancher. Elle a acquis dès l’âge de 16 ans en danse sur glace un excellent niveau, devenu niveau international sanctionné par des examens officiels de la fédération internationale IDSF. Elle a jugé des examens et compétitions pendant une quinzaine d’années, jusqu’au plus haut niveau français (Championnat et test Or), et suivi des stages de juge international. Elle a pratiqué la danse sportive en compétition en danse standard pendant 5 ans.

Elle a travaillé, sous la recommandation de son professeur Marino, en Angleterre avec Robert Bellinger, entraîneur des champions d’Angleterre.

Elle a passé haut la main ses diplômes d’État de professeur de danse sportive (latines et standard), et continue à s’entraîner avec Steeve Gaudet, champion de France 2008 en standard et 10 danses. Marie-Jo a une expérience technique hors pair en danse et en compétition.

 La régularité dans le travail : si doué soit-on, il ne sert à rien de danser à haute dose, puis d’arrêter, de reprendre etc…tous les professeurs le disent, je l’ai expérimenté, la régularité seule, et la concentration dans le travail font progresser.

Pour tirer profit d’1h de cours et bien assimiler ce qui a été vu, il faut souvent 10h d’entraînement.

Prendre des notes aide à retrouver des concepts ou des sensations, et aide à progresser…J’ai croisé des « surdoués – fumistes », incapables de mettre cette ténacité indispensable.

Aucun n’est arrivé à la hauteur de ce à quoi il pouvait prétendre…du pur gâchis.

La persévérance : les résultats sont incertains (ils dépendent des autres compétiteurs en présence, et c’est un jugement humain…).

La progression en danse n’est pas linéaire, pas continue, même simplement dans les entraînements. Le danseur (et la danseuse…) subit des phases de stagnation, et même de régression, qui sont très dures pour le moral.

Pour un travail mené sérieusement, donc régulièrement, une phase de régression précède en général une phase de progression.

Le corps a besoin de temps pour « digérer » les multiples facettes de la danse, les mouvements, les rythmes, les sensations de soi-même dans la danse, les sensations de soi-même avec son ou sa partenaire, la maîtrise de la piste (la variété de l’environnement, du sol, des autres danseurs, ce que l’on nomme le floorcraft).

Le danseur n’a pas toujours la forme, mais même les entraînements où l’on est fatigué, où rien ne passe bien, apportent leur lot de progrès.

Même le champion du monde continue à travailler ses pas de base, sa tenue…

Le comportement vis-à-vis des autres, en entraînement et en compétition : les juges ne jugent pas que la technique et l’allure….

Quand ils ne jugent pas sur la piste, ils observent autour d’eux.

Certes il faut être remarqué des juges….mais en bien…

Et les juges sont juges parce que ils ont une excellente mémoire…

En entraînement, quel que soit son niveau, on a toujours à apprendre, il y a toujours meilleur que soi.

Et on apprend sensiblement de ses propres défauts en observant ceux des autres, et en cherchant à les analyser.

En synthèse, pour pratiquer la compétition avec bonheur et possiblement réussite, il faut adhérer à ce qui précède.

Sinon, tôt ou tard, des désillusions et des frustrations apparaissent.

Pour que la compétition en danse soit un vrai bonheur, dans la force et dans la durée. .